The Host

Publié le par Tangerine

http://www.korea-is-one.org/IMG/The_Host-500.jpg


The Host

The Host, c'est un film. Ce sera donc celui qui inaugurera la catégorie cinéma de 32Gigabits.

Si le titre occidental est traduit par "L'invité", dans sa version originale (coréenne) le réalisateur  Joon-Ho Bong a tout simplement donné à son film le nom de "Monstre".

Pourtant, même limité à ce presque eponyme seul, le contenu ne se résume pas à un banal film catastrophe, dans lequel un poisson mutan viendrait avaler tous les gentils un par un, pour à la fin les recracher tous beaux tous propres, happy end, bla bla bla. D'ailleurs, le film a même été présenté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Et voilà  pourquoi.

 

En fait, il y a bien un poisson mutan. Il est gros d'ailleurs. Très gros. Et il a des pattes. Des grosses pattes. Et une tête bizarre. Bref une bonne sale gueule de monstre. Et oui, il mange les gentils aussi.

Et c'est comme ça que l'intrigue démarre. Cette apparition soudaine de la bête dans le fleuve de Séoul, due manifestement à une pollution chimique, va coûter la vie de la petite Hyun-Seo ( c'est le seul prénom que je mettrais, puisque de toute façon personne ne le retiendra, pas la peine que je m'embrouille). Le gros méchant monstre l'emporte et plouf elle disparait, tandis que sa famille (grand-père, père oncle et tante) va être enmenée et mise en quarantaine. Les autorités craignent en effet un virus lié à la pollution, et expédient vite fait bien fait tout ce petit monde à l'hopital, sans plus d'explications, ni de raisons d'ailleurs. Sauf que, le père notre fillette là, eh ba il va recevoir un coup de téléphone de sa fille qui lui passe un petit bonjour. Eh oui elle est vivante. Va s'ensuivre une recherche acharnée de nos quatre personnages, qui s'obstinent à vouloir retrouver leur petite protégée.

 

Mais le film est loin d'être centré sur le scénario du monstre, il tourne au contraire beaucoup autour du thème de l'organisation qui se fait autour : intervention caricaturée des americains, fonctionnaires soudoyés, désinformation à propos du fameux virus, pauvreté, omniprésence des medias, manifestation étudiante contre la vaporisation de nouveaux agents chimiques... Un peu comme si Mai 68, la grippe H1N1 et les jeux olympiques étaient tous arrivés en même temps.

 

Ce pretexte fantastique permet en fait au réalisateur de critiquer sa société sud coréenne et la présence américaine dans le pays. Dans la vraie vie il y a certes le conflit nord/sud mais également une occupation américaine qui a, en l'an 2000 parait-il déversé une quantité non négligable d'agents polluants dans le fleuve Han. Et à côté de la grossierté du monstre, les personnages donnent une image excessivement réaliste. Ils sont tous attachants, avec leurs défauts et leurs qualités. La musique est une surprise, car reste vraiment bonne pour un film qui se veut catastrophe, et la photographie très travaillée : chaque plan est un tableau qui baigne dans une lumière citadine froide et humide et nous donne encore une fois une impression très réelle.

 

Cette famille se bat donc d'abord contre son propre pays pour pouvoir affronter le monstre, tandis que la société, elle, s'archane à désinfecter rivière et population pour éliminer le virus. Critique virulente de tout ce petit monde puisque les coréens passent pour des incompétents face à une telle catastrophe, et les américains pour des mégalomanes, dont l'image sera quand-même bien abîmée puisque le seul ricain que l'on verra a une tête de dégénéré (oeil qui part de travers sourire d'abruti, il a vraiment pris cher), et viendra seulement pour nous annoncer que le virus, bah, en fait c'est ta soeur qui l'a inventé, mais tant-pis les gars, ouvrez quand-même le cerveau de monsieur.

 

Alternance d'espoir et de défaites, de tragique et de comique, ce film est un petit bijou d'antithèses qui fait vraiment le choix de rester le plus réaliste possible, autant chez nos héros que dans la gérance nationale de cette crise. Le déroulement vous tiendra en haleine jusqu'à la fin, mais plutôt sur de petits évenements qui se répètent que sur une intrigue bateau principale.

 

Pour finir, ce film semble nous dire qu'en s'en donnant les moyens, même au prix de certains sacrifices, les individus peuvent reussir à se dresser contre leur veritable ennemi ( le monstre= l'état ?), plutôt que de suivre la masse qui elle s'attaque à une menace invisible, ce qui peut nous offrir quelques parallèles historiques.

Voilà vraiment quelquechose à voir si vous vous sentez l'envie de voir un film à la fois régressif et engagé.

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

JeK 10/02/2011 23:11


Alors là, je plussoie ! *o*
Ce film est enorme. Super original, vachement bien rythmé, fun, intelligent, bien réalisé... bref, je kiffe quoi ! =p
C'est vraiment un de mes films sud-coréen préféré, mais Old Boy reste largement au dessus ! =)


Syndrome 11/02/2011 07:17



Aaah enfin quelqu'un qui connait Old Boy ! On est d'accord, ce film est un chef d'oeuvre !



Styra 04/07/2010 11:24


Enorme, rah ce film était extra, dans l'originalité en tout cas :)

Chouette article


O. 30/06/2010 20:33


Je demande des droits pour le pseudonyme de ce bloggeur !